Ressources documentaires Cas d'entreprises

Repenser les espaces de travail dans les salons de coiffure : quelques repères pour ne pas faire de faux plis

Les salons de coiffure sont généralement de très petites structures dans lesquelles les conditions de travail sont tendues. En effet, dans ce secteur très concurrentiel, les seuils de rentabilité ne sont pas les mêmes selon que l’on est propriétaire de son affaire ou franchisé. L’amélioration de l’ergonomie de l’espace de travail est nécessaire non seulement pour que les salariés soient dans les conditions les meilleures mais aussi pour les clients alors accueillis dans des lieux convenables. Au-delà du savoir-faire et de la rémunération, c’est là un élément déterminant pour la fidélisation des salariés eux-mêmes, et de la clientèle.
Profiter des expériences des autres et acquérir une méthodologie de conduite d’un projet de réaménagement architectural dans le cadre d’une action collective: un engagement qui permet d’éviter des investissements inadaptés et des surcoûts pénalisants.

Fiche signalétique

Effectif : 5 - Activité : Salon de coiffure - Région : Lorraine
Mise à jour : 13-APR-15 - Réf : 1260

image archive

Présentation

Ce salon de coiffure familial est situé dans un petit village mosellan. Lors du rachat en 2003, les nouveaux propriétaires ont effectué quelques travaux sommaires de décoration intérieure. Quatre années plus tard, des travaux plus conséquents ont été réalisés pour créer une extension au salon : un institut de beauté. Aujourd’hui 5 personnes travaillent au salon (3 temps plein, 1 temps partiel et 1 esthéticienne) et l’implantation pose difficulté (manque de place, circulation difficile…). Un projet de rénovation du salon est envisagé.

Demande de l'entreprise

Le projet de rénovation du salon est l’occasion de repenser le travail et ses conditions de réalisation pour l’ensemble du personnel. Le dirigeant souhaite conserver le même nombre de situations de travail (3 bacs et 8 postes) tout en modifiant l’implantation de la pièce regroupant partie technique, zone shampooing et accès vers l’institut. Une optimisation de cet espace, une facilité de circulation autour des bacs et une meilleure fonctionnalité des plans de préparation sont les objectifs du projet.

Démarche

L’Aract Lorraine, en partenariat avec l’Union régionale de la coiffure et avec l’appui d’une étudiante en architecture d’intérieur, a proposé à une quinzaine de salons de coiffure lorrains, comme celui-ci, d’être accompagnés dans leurs projets de transformation (rénovation, développement d’activités nouvelles…). Tous les salons de coiffure engagés dans cette action collective ont été accompagnés selon une démarche en 3 étapes :

1. À partir de l’exposé de son projet par le dirigeant, un diagnostic de l’existant (relevé métré, zoning, plan…) est réalisé. Ce diagnostic est mis en perspectives avec les attentes et besoins spécifiques exprimés par les coiffeuses. Sur la base de leur récit autour des différentes tâches à effectuer, il s’agit alors de repérer avec elles les points faibles du salon à améliorer et les points forts à renforcer. Par exemple, ce qui est discuté ici traite des questions de place disponibles autour des bacs à shampooing, d’espace utile pour la préparation des mélanges, de l’encombrement des passages de circulation vers l’institut de beauté…

2. Sur la base de l’existant, les intervenants construisent une maquette volumétrique en carton du salon, et des vues 3D de différentes possibilités d’agencement. Ils proposent 4 scénarios d’implantation différents. Sous leur animation et grâce à ces outils simples de simulation (plans, vue 3D, maquette), l’équipe échange autour des différentes formules d’agencement suggérées en référence à quelques situations-types de travail rencontrées quotidiennement. Cette représentation dans l’espace et en volume permet ainsi d’évoquer et de questionner pour chaque configuration :
- l’implantation et l’agencement des différentes zones de travail ;
- les espaces de circulation nécessaires et les flux de personnes ;
- l’encombrement au sol ;
- la praticité, la fonctionnalité, l’accès au mobilier (bacs à shampoing, postes de coiffage, étagères…).

À travers ce temps d’échange collectif, l’équipe est invitée à se projeter dans les futurs espaces de travail et donc d’imaginer les conséquences sur les conditions de travail. Sur les 4 options différentes proposées, elle discute des avantages et inconvénients puis confronte les avis.

3. Cette visualisation dans l’espace et en volume de plusieurs options et la mise en discussion avec l’équipe du salon permettent de retenir LA solution voire d’en faire émerger une nouvelle non imaginée a priori. Au final, le dirigeant et son équipe s’accordent sur une implantation qui répond aux besoins réels des coiffeuses et qui convient à tous. Ce faisant, le chef d’entreprise prend en compte les conditions de travail comme un élément de décision tout aussi important que la seule dimension esthétique ou financière de son projet. La concertation permet ainsi de conforter le dirigeant dans ses choix d’investissements. Ce dernier peut alors formaliser des demandes plus explicites dans son cahier des charges auprès de ses prestataires (agenceurs, fournisseurs de mobilier et matériel…) plutôt que d’accepter des solutions « clé en main » pas toujours adaptées aux besoins réels.

Bilan

La maquette a permis de tester avec le propriétaire du salon et son équipe l’intérêt et les limites de chacune des 4 configurations. Ce support ludique permet aux salariés des échanges facilités et une meilleure projection, contrairement aux plans qui ne parlent qu’aux « spécialistes ». Au final, le salon retient unanimement l’une des 4 options proposées. Les travaux de rénovation peuvent commencer, avec une certitude pour le dirigeant : les investissements engagés répondront réellement aux besoins des salariés.

Cette démarche de simulation déployée également avec d’autres salon a mis en évidence un autre effet indirect : ce qui au départ était souvent le projet du dirigeant devient le projet de tout le salon avec une implication renforcée de l’équipe. Chacun se sent concerné, acteur et non plus simplement spectateur de la transformation à venir.
Utilisée en amont des transformations, elle permet donc d’anticiper des dysfonctionnements, d’impliquer les salariés et d’éviter des investissements inadaptés ou des surcoûts liés aux modifications après installation.

Auteur

Michaël PAQUIN

Publié le 13-APR-15 | picto imprimante Imprimer
 

Publications

La robotisation participe-t-elle à la qualité de vie au travail des éleveurs ?

L'Aract Grand Est, en collaboration avec plusieurs partenaires, a mené une recherche-action dans le secteur agricole. ...

Guide "Espace de discussion sur le travail, mode d'emploi"

Ce document comprend des recommandations sur la mise en place des espaces de discussion. Il est enrichi de partages ...

10 questions sur... le télétravail

Le télétravail est une mesure de plus en plus plébiscitée par les salariés et les entreprises. Source ...

La revue du Réseau

Qualité de vie au travail dans les établissements de santé, l’enjeu de la qualité des soins

Avec deux millions de professionnels opérant dans 3 000 établissements, le secteur de la santé est à la croisée d’enjeux économiques, sociaux et sociétaux majeurs. Il est aussi un ...


Agenda

 

A découvrir

ActDoc, plus de 30.000 reférences bibliographiques

Retrouvez en ligne toute l'actualité éditoriale des conditions de travail

  image de la promo