Ressources documentaires Cas d'entreprises

Optimiser la performance de l’outil industriel et promouvoir la santé des salariés

La direction de cette entreprise conforte son implantation géographique pour fidéliser sa clientèle locale. Mais face aux évolutions inévitables d’un marché de plus en plus orienté vers l’export et, dans certains cas la délocalisation, elle décide d’optimiser la performance de son outil industriel et de moderniser l’activité de production à ce jour essentiellement manuelle. Elle se trouve ainsi confrontée à des problèmes d’organisation du travail et de santé des salariés. Avec les représentants du personnel, elle saisit cette opportunité pour réfléchir sur les facteurs de risques de troubles musculosquelettiques et leurs effets divers.

Fiche signalétique

Effectif : 118 - Activité : Industrie alimentaire - Région : Alsace
Mise à jour : 12-SEP-13 - Réf : 992

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Présentation

À l’origine une affaire familiale, l’entreprise, spécialiste des ingrédients pour l’industrie agro-alimentaire, a développé depuis plus de 40 ans une gamme complète d’arômes et colorants, de matières végétales et de mixtes et ingrédients technologiques. La recherche permanente de la qualité gustative de ses produits en a fait aujourd’hui un partenaire reconnu et incontournable pour les industriels du secteur au niveau national et à l’échelle européenne. La certification ISO 22 000 apporte une réelle garantie de la qualité de ses produits particulièrement sur le plan de la sécurité bactériologique. Néanmoins, la population salariée est vieillissante et des problèmes organisationnels commencent à se faire jour.

Demande de l'entreprise

Face à une augmentation de l’absentéisme qu’elle attribue essentiellement à des problèmes de mal de dos ainsi qu’au changement d’état d’esprit d’une minorité de salariés, la direction fait appel à ACTAL pour réaliser un diagnostic des troubles musculosquelettiques. Elle en attend plus particulièrement : une amélioration des connaissances sur les TMS, la mise en lumière des spécificités de l’entreprise face à la problématique de la prévention des risques professionnels, l’orientation de l’entreprise sur la pertinence des choix en matière d’investissement à la suite du diagnostic TMS et une amélioration des conditions de travail intégrant « la performance de l’organisation ».

Démarche

ACTAL a proposé de réaliser un « diagnostic TMS » dans une démarche articulée autour des trois grandes étapes :

1. La constitution et l’animation de 2 comités de pilotage (début et fin) dont le rôle a été de valider les objectifs de l’intervention, particulièrement la méthodologie, les délais, les préconisations ainsi que les livrables.

2. Cette seconde étape comprend 4 phases :
a)- le recueil et l’analyse de sources documentaires (statistiques des AT et MP, PV de réunions de délégués du personnel, comptes-rendus de réunions de CHSCT, rapports rédigés par d’autres intervenants externes - médecin du travail, consultants - etc.) ;
b)- la réalisation d’une série d’entretiens qualitatifs individuels s’appuyant sur un panel d’acteurs concernés par la problématique : salariés, cadres, représentants du personnel, médecin du travail;
c)- l’observation des situations de travail (sur 24 postes de travail) choisies au regard de la problématique du diagnostic;
d)- la réalisation de photos et vidéos visant à illustrer les situations observées. Pour affiner les observations, nous avons utilisé « la méthode QEC : Quick Exposure Check qui se fonde sur des études scientifiques solides concernant la prévention des troubles musculosquelettiques du dos et des membres supérieurs.

Le recueil et le traitement des données provenant de différentes sources (documents, entretiens, observations) ont permis de disposer d’un ensemble d’informations pertinentes pour construire une analyse opérationnelle de la situation et élaborer des alternatives adaptées aux enjeux de l’entreprise. L’analyse des données globales a permis de percevoir des pistes d’actions visant à diminuer l’effet des risques TMS. Des préconisations ont été articulées autour de cette exigence et au sujet de tous les types de facteurs de risques identifiés. Tout ceci a été précisé et formalisé dans la troisième étape.

3. Cette étape finale a consisté à analyser et mettre en perspective l’ensemble des données recueillies afin d’élaborer des préconisations adaptées aux enjeux de l’entreprise. Cet objectif est atteint avec la rédaction du diagnostic sous forme d’un rapport de synthèse et d’un document structuré en trois parties : un rappel du cadre de l’intervention (attentes des participants, calendrier) - les éléments d’analyse opérationnelle concernant la problématique qui se décomposent en 2 parties : les éléments globaux analysés et les postes de travail spécifiques évalués - les recommandations ou pistes d’action, complétées de questions à approfondir.

Concrètement, cela s’est traduit par les préconisations suivantes :
• S’agissant des facteurs de risques primaires (efforts, postures, répétitivité) : systématiser l’utilisation de l’outil QEC, automatiser les étapes les plus pénibles (répétitivité - ex : picking) - utiliser des outils d’analyse comme MUSKA ou CAPTMS pour évaluer les nouvelles situations de travail, aménager les postes de travail (tables élévatrices), former les opérateurs au repérage des facteurs de risques TMS et à l’adaptation du poste lorsque cela est possible.
• À propos des facteurs de risques secondaires : accompagner les salariés dans le cadre de la mutation des métiers, être accompagné pour évaluer l’efficience des solutions mises en œuvre, organiser la rotation pour les postes les plus pénibles en attendant l’amélioration des situations de travail, organiser la discussion entre les professionnels sur la définition de la qualité du travail / formaliser les compromis.
• Pour les facteurs de risques personnels (âge, sexe, fragilités ostéo-articulaires…) : réaliser un recensement des plaintes au moyen du « questionnaire Nordique » (questionnaire TMS standardisé.

Bilan

Notre connaissance de l’entreprise à l’issue de la réalisation du diagnostic TMS nous a amenés à mettre en avant des facteurs clés de réussite de la prévention:
• Il est important de réunir 2 fois par an le comité de pilotage (éventuellement dans le cadre d'un CHSCT) que nous avons utilisé pour le diagnostic TMS , afin de refaire le point sur l’évolution des démarches d’évaluation et de prévention mises en œuvre.
• Il est nécessaire de constituer un groupe de travail opérationnel qui vise à construire les actions de prévention spécifiques à l’entreprise, de poursuivre l’évaluation ainsi que la construction des actions de prévention de manière continue et d’intégrer tous les résultats dans le Document Unique.

Auteur

Dominique HEN

Publié le 12-SEP-13 | picto imprimante Imprimer
 

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