Ressources documentaires Cas d'entreprises

Former les acteurs pour prévenir les risques psychosociaux

Formation, enquête de terrain et interprétation des données de santé et des indicateurs d’analyse, c’est par ces trois phases que le groupe de travail RPS de cette entreprise appréhende les situations à risque et construit, dans un dialogue social actif, une politique de prévention. Car en effet l’objectif visé en filigrane est bien l’appropriation par les salariés eux-mêmes de la démarche élaborée en commun et enrichie par leur expertise particulière, celle qui est ancrée dans le travail réel.

Fiche signalétique

Effectif : 1200 - Activité : Production d'électricité - Région : Lorraine
Mise à jour : 02-JUL-12 - Réf : 872

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Présentation

Cet établissement, assurant 8% de la production nationale d’électricité, compte 1200 salariés, auxquels s’ajoutent environ 400 salariés d’entreprises sous-traitantes, ce dernier effectif se multipliant par cinq en période de maintenance. Il souhaite décliner sur son site lorrain l’accord national de méthode sur la prévention des risques psychosociaux négocié en mars 2008.

Demande de l'entreprise

Dans cet établissement, la démarche de prévention des risques psychosociaux est conçue en mode projet avec la création d’un groupe de travail piloté par la direction. Ce groupe est composé de 15 personnes (syndicats, médecins du travail, assistants sociaux et direction). Il a rédigé une charte de fonctionnement (missions, mode de fonctionnement, composition) tout en mentionnant la présentation des travaux aux CHSCT.
Le groupe de travail souhaitait être aidé et accompagné tout en privilégiant une démarche qui parte du travail réel, d’analyses de terrain et des connaissances acquises par l’expérience des acteurs de l’entreprise.

Démarche

L’intervention est un accompagnement du groupe lui-même dans son propre travail de diagnostic et l’appropriation de méthodes d’analyse par le biais d’une formation-action. Ainsi, l’établissement doit être capable ensuite de poursuivre, avec ses ressources internes, le travail engagé.
Les objectifs de cette démarche sont multiples : pédagogiques (apports de connaissances sur le sujet, appropriation d’outils et méthodes), opérationnels (réflexion sur des situations concrètes de travail et recherche d’actions) et stratégiques (démarche paritaire avec des croisements de points de vue, enrichissement du dialogue social).
L’intervention s’est déroulée sur trois phases :
• La formation : elle permet d’apporter des bases de connaissances sur les différentes dimensions de l’homme au travail, sur les RPS. La formation a aussi donné des outils et méthodes pour recueillir des données de terrain sur ce thème (approche « tensions-régulation » du réseau ANACT, formation sur le recueil d’informations, grille d’analyse, formation à la conduite d’entretiens sur RPS, techniques d’observation) et sur l’analyse de « situations-problème ».
L’enquête de terrain : les membres du groupe de travail, en binôme avec l’intervenante ARACT, ont effectué le diagnostic. Les situations de travail à observer ont été ciblées par le groupe même, à la suite de la phase « formation ». En amont des observations, chacun a pu être sensibilisé à la méthode et à l’utilisation des outils d’investigation (observation et entretien). En aval de chaque observation, les binômes se sont rencontrés pour analyser les observations à l’aide des vidéos réalisées, puis interviewer les salariés observés.
Les données recueillies sont analysées par le groupe de travail RPS auquel les binômes ont apporté leurs travaux pour qu’il puisse réaliser une synthèse commune en vue des premières pistes de préconisations.
• L’interprétation des indicateurs : le repérage d’indicateurs permet une appropriation et un suivi par les partenaires sociaux. En parallèle des observations, le service de santé au travail s’est réuni, pour être sensibilisé sur les RPS et afin qu’il détermine ses besoins face à cette démarche. Un inventaire des données RH est lancé pour pouvoir proposer au groupe de travail des hypothèses faisant lien avec les situations de travail.

Plusieurs points transverses à l’ensemble des situations analysées ont été diagnostiqués comme étant des facteurs générant des situations de mal-être, de stress, ou de difficultés particulières dans le travail :
• Travail morcelé dans le temps (rupture d’activité et rythme de travail) et sur périmètre d’activité (vision partielle d’une même activité, spécialisation des intervenants) ; des contraintes de temps et de gestion du temps réel ; un travail jamais fini mais un aboutissement obligatoire, en lien avec la notion de qualité du travail ; des métiers aux interfaces fortes avec de multiples interlocuteurs ; des champs de contraintes importants sans connaître celles des autres métiers et sans toujours en connaître l’origine ; une perte de sens, notamment dans le domaine de la prescription : renseignement des documents, respect des processus ; la relation donneur d’ordres / sous-traitant, et notamment par la notion du faire faire; la gestion des passages d’une organisation de travail à une autre avec un changement organisationnel très contraint.

Bilan

Pour une orientation plus efficace vers des actions préventives et/ou curatives, le service de santé au travail, en lien avec le groupe de travail, a construit deux outils :
• Une fiche « 1ère écoute » pour recueillir les plaintes des salariés et des prestataires pour mieux les appréhender et les expliciter.
• Cinq critères en santé mentale, identifiés par la médecine du travail (troubles du sommeil ; souffrance ; état réactionnel aigu ; dépression notable et démobilisation professionnelle). Le service souhaite préciser les déterminants du travail afin de mieux articuler ces critères en lien avec le travail.

Le groupe de travail ainsi formé peut élargir son champ d’action en s’ouvrant à des métiers et/ou des fonctions spécifiques afin d’être plus pertinent dans ses analyses et quelles soient partagées par les acteurs sur le terrain. Il définit d’autres « situations-problème », les observe, en explore les causes et conséquences potentielles et détermine des propositions d’actions concrètes à porter aux CHSCT. Chemin faisant, il poursuit l’évaluation des RPS et propose son inscription dans le Document Unique en combinant les trois niveaux de prévention (primaire, secondaire et tertiaire).

Auteur

Aline DRONNE, chargé(e) de mission

Publié le 02-JUL-12 | picto imprimante Imprimer
 

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